On a tous vécu le moment où un fichier de 8 Go bloque dans la boîte mail, où le client attend un dossier de maquettes et où WeTransfer plafonne à 2 Go en version gratuite. C’est exactement le scénario qui pousse à chercher une alternative fiable. Swiss file transfer, le service développé par l’hébergeur suisse Infomaniak, accepte des envois jusqu’à 50 Go, sans inscription et sans publicité.
Cadre juridique suisse : ce que ça change concrètement pour vos fichiers
Les concurrents américains (WeTransfer, Google Drive, Dropbox) sont soumis au Cloud Act, qui autorise les agences gouvernementales américaines à accéder aux données stockées par des entreprises de droit US, y compris hors du territoire. Avec SwissTransfer, les fichiers restent hébergés en Suisse, dans les datacenters d’Infomaniak.
Ce n’est pas qu’un argument marketing. La nouvelle loi fédérale suisse sur la protection des données (nLPD), entrée en vigueur le 1er septembre 2023, impose des obligations de privacy by design et de transparence proches du RGPD européen. Les sanctions peuvent atteindre 250 000 CHF, mais elles visent directement les dirigeants responsables, pas un pourcentage du chiffre d’affaires.
Depuis le 15 janvier 2024, la Commission européenne a confirmé que la Suisse offre un niveau de protection des données adéquat au sens du RGPD. Pour une entreprise de l’UE, cela signifie qu’utiliser SwissTransfer ne nécessite pas de clauses contractuelles types supplémentaires pour le transfert de données personnelles, à condition que le reste de la conformité soit en ordre.

SwissTransfer sans inscription : limites réelles et paramètres à connaître
Le service fonctionne sans création de compte. On dépose ses fichiers, on choisit un mode d’envoi (par mail ou par lien), et c’est parti. Mais cette simplicité masque quelques réglages qu’on a intérêt à ajuster avant de cliquer sur « Envoyer ».
Durée de conservation et nombre de téléchargements
Par défaut, les fichiers restent disponibles pendant 30 jours. On peut réduire cette durée pour des raisons de sécurité. On peut aussi limiter le nombre de téléchargements autorisés, ce qui évite qu’un lien partagé circule au-delà du destinataire prévu.
Chiffrement et mot de passe
SwissTransfer propose un chiffrement des fichiers avec protection par mot de passe. En pratique, on active l’option avant l’envoi, on définit un mot de passe, et on le transmet au destinataire par un autre canal (SMS, appel, messagerie chiffrée). C’est un réflexe de base en sécurité, mais que beaucoup de services gratuits ne proposent pas du tout.
- Limite d’envoi : 50 Go par transfert, largement au-dessus des 2 Go de WeTransfer gratuit
- Durée de stockage : paramétrable jusqu’à 30 jours maximum
- Mot de passe : optionnel mais recommandé pour tout envoi contenant des données sensibles
- Mode d’envoi : par e-mail (le destinataire reçoit un lien) ou par lien direct à copier-coller
SwissTransfer face à WeTransfer : ce qui fait basculer le choix
La comparaison revient systématiquement parce que WeTransfer reste le réflexe par défaut dans beaucoup d’équipes. Voici les différences concrètes qui comptent au quotidien.
| Critère | SwissTransfer | WeTransfer (gratuit) |
|---|---|---|
| Taille max par envoi | 50 Go | 2 Go |
| Inscription requise | Non | Oui (depuis 2024) |
| Publicité | Aucune | Oui |
| Hébergement | Suisse | États-Unis / Pays-Bas |
| Protection par mot de passe | Oui (gratuit) | Payant (Pro) |
| Durée max de stockage | 30 jours | 7 jours |
WeTransfer impose désormais une inscription même en version gratuite, ce qui a poussé beaucoup d’utilisateurs à migrer. SwissTransfer reste accessible immédiatement, sans compte, sans friction.
Le vrai avantage au quotidien n’est pas seulement la taille. C’est la combinaison : pas de pub, pas de compte, mot de passe gratuit, hébergement hors juridiction US. Pour un indépendant ou une PME qui envoie des fichiers clients régulièrement, la différence se cumule vite.

Utilisation en contexte professionnel : ce qu’on peut attendre (et ce qu’on ne peut pas)
SwissTransfer couvre très bien l’envoi ponctuel de fichiers volumineux : rushes vidéo, archives de projets, sauvegardes ponctuelles, dossiers graphiques. Le service est financé par les autres produits payants d’Infomaniak (hébergement web, kSuite), ce qui explique l’absence de publicité et de version premium forcée.
En revanche, SwissTransfer n’est pas un espace de stockage permanent. Les fichiers expirent après la durée choisie, et il n’y a pas de gestion de dossiers, de droits d’accès par utilisateur ou de suivi avancé des téléchargements. Pour un usage d’équipe avec des besoins de collaboration, il faut passer sur un service de cloud classique.
Les retours varient sur la vitesse d’upload pour les très gros fichiers (au-delà de 20 Go), qui dépend largement de la connexion de l’expéditeur. Le service lui-même ne pose pas de limite de débit côté serveur, mais un transfert de 40 Go sur une ligne ADSL reste une épreuve de patience, quel que soit l’outil.
Application mobile SwissTransfer
L’application mobile permet d’envoyer des fichiers directement depuis un smartphone. C’est utile pour transférer des vidéos tournées sur téléphone sans passer par un ordinateur. L’interface reprend les mêmes options que la version web : choix de la durée, mot de passe, envoi par lien ou par mail.
Le code source de SwissTransfer est disponible sur GitHub, ce qui permet à quiconque de vérifier le fonctionnement du chiffrement et l’absence de collecte cachée. C’est un argument concret pour les structures associatives ou les entreprises soumises à des audits de conformité, qui peuvent documenter la chaîne de traitement des données.
Pour un envoi ponctuel jusqu’à 50 Go avec un niveau de confidentialité sérieux, SwissTransfer reste l’option gratuite la plus complète disponible aujourd’hui. Le service ne cherche pas à tout faire, et c’est précisément ce qui le rend fiable sur son périmètre.

